Il faut fermer les banques alimentaires: Oui ou non!

D’entrée de jeu, il faut dire qu’elles répondent à un besoin. Il faut donc les conserver pour le moment et réfléchir au problème. Qu’en est-il?

La situation :

• Le vrai problème, c’est la pauvreté4.
• Il y a de plus en plus de travailleurs au salaire minimum qui doivent avoir recours aux organismes de soutien.1,2,3,4.
• Le marché du travail est souvent à la baisse et en constante transformation : on n’est pas formé pour accomplir le travail disponible.
• On «rationalise» le personnel comme on délocalise des emplois avec un potentiel équitable (localement) pour augmenter la part de bénéfices des actionnaires.
• Corruption, subventions sans conditions, paradis fiscaux…
• Les lois du marché existent et tout le monde y est soumis, même les entreprises collectives.

Quoi faire?

Mettre de l’argent

• Investir dans des logements à prix modique3.
• S’attaquer au niveau élevé d’insécurité alimentaire dans le Nord canadien3.
• Remplacer l’aide sociale par un revenu de base administré par l’entremise du régime fiscal3; on pense à un revenu minimum garanti4.
• Apporter une aide plus efficace aux familles à faible revenu avec des enfants3.
• Aider les Canadiens à faible niveau d’alphabétisation à améliorer leurs compétences en fonction des emplois d’aujourd’hui3. (tout le monde n’est pas stimulé à devenir chercheur en optique et on ne peut pas forcer l’alphabétisation; cette idée a ses limites).

Ne pas perdre de l’argent

• Récupérer, ou à tout le moins, empêcher les fuites de capitaux dans les paradis fiscaux.
• Ne pas donner de l’argent gouvernemental sans conditions.
• Réfléchir à nos besoins en société.

En somme!

• Il existe un vrai problème : « la majorité des gens qui ont faim ne fréquentent pas les banques alimentaires»4.
• il y aura toujours des gens, avec une incapacité quelconque (aptitudes, maladies physiques ou mentales) permanente ou temporaire, les empêchant de travailler. Ultimement, une aide directe, alimentaire ou autre (de préférence), sera toujours nécessaire.
• Il faudra mettre en place des politiques sociales, économiques et fiscales appropriées5.
• Réfléchir à nos besoins – se concerter (81% des gens ont l’impression que leur point de vue n’est pas suffisamment considéré).
• N’y aurait-il pas un problème de structure?

Et l’entreprise d’économie sociale?

Nous considérerons l’entreprise d’économie sociale comme une entité employant majoritairement des salariés et soumise aux lois du marché. Il nous apparaît intéressant ici de mettre de l’avant quelques valeurs propres à l’économie sociale6 :
Le bien commun: L’entreprise d’économie sociale a pour finalité de servir ses membres ou la collectivité plutôt que de simplement engendrer des profits et viser le rendement financier. (Ce modèle répondrait donc aux problématiques de mises à pied injustifiées et de délocalisation.)
La primauté de la personne: L’entreprise défend la primauté des personnes et du travail sur le capital dans la répartition de ses surplus et de ses revenus. (Hé!)
Le principe de la participation: L’entreprise fonde ses activités sur le principe de la participation, de la prise en charge et de la responsabilité individuelle et collective. (Être partie prenante, se concerter, travailler pour soi et pour les autres correspond à une forme d’intelligence sociale)
Évidemment, on ne pourra pas tout changer avec le modèle de l’entreprise d’économie sociale. Il faudra revoir le concept de spéculation et de rendement associé au paradigme économique, nouveau dieu de notre époque. Néanmoins, même s’il est fort peu probable que nous adoptions tous les valeurs6 associées à l’économie sociale, un objectif louable serait d’augmenter le nombre d’entreprises adoptant ce modèle et ainsi faire contrepoids dans ce fameux système économique. Selon un sondage effectué par la fondation Chagnon7, «75% (des gens sondés) croient que d’importants changements dans notre société s’imposent pour assurer une meilleure qualité de vie à l’avenir»8. Le moment semble propice… Penser «humain» d’abord et enchâsser cette idée dans un modèle cohérent, qui n’est pas encore parfait, nous apparaît comme un pas important à franchir dans la réduction de la pauvreté.

Références :
1. Le Peuple Lotbinière, 9 déc. 2015
2. http://www.lapresse.ca/actualites/201511/17/01-4921667-le-recours-aux-banques-alimentaires-encore-en-hausse-au-pays.php
3. http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2014/11/04/001-banques-alimentaires-augmentation-usagers.shtml
4. http://www.lapresse.ca/actualites/201512/01/01-4926912-les-banques-alimentaires-ca-ne-fonctionne-pas.php
5. http://www.journaldemontreal.com/2012/11/12/pathetique-guignolee-des-medias-il-faut-y-mettre-fin
6. Entreprises d’économie sociale : le modèle vous convient-il? Beaudoin, Gagnon. 2015.
7. http://www.fondationchagnon.org/fr/index.aspx
8. http://www.fondationchagnon.org/media/117095/infographie_politiques_sociales.jpg

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